• Langues régionales. Mobilisation partout en France samedi prochain

    Source : Le Télégramme


    Mobilisation nationale, samedi 31 mars : les défenseurs des langues régionales manifesteront ce jour-là, notamment à Quimper, contre la "frilosité" de l'Etat à l'encontre de ces patrimoines menacés. Avec un objectif précis : profiter de la campagne présidentielle pour réclamer une nouvelle fois la ratification de la Charte pour la sauvegarde des langues régionales.

     

     

    Un collectif d'associations de défense des langues régionales et autochtones de France appelle à une journée de mobilisation nationale le samedi 31 mars dans une dizaine de villes (Quimper, Toulouse, Strasbourg, Bayonne, Ajaccio, Lille, Saint-Quentin, Poitiers, Annecy) pour la défense de 75 langues minoritaires.

    En Bretagne (où 206.000 personnes, soit 5% de la population parlent le breton), "les municipalités sont déjà très engagées au quotidien", et "la charte n'est qu'un totem" souligne le député socialiste du Finistère Jean-Jacques Urvoas. Mais "ne pas la ratifier est un signe de la frilosité parisienne", ajoute-t-il, en dénonçant "le jacobinisme de l'Etat".

    Projet d'une loi cadre
    Le député breton et son collègue socialiste d'Alsace Armand Jung proposent une future loi cadre, "qui laisserait aux régions un pouvoir normatif" sur l'utilisation des langues régionales. Mais il n'est pas question de "forcer les Picards à pratiquer leur langue", explique l'élu breton.

    "Nous ne sommes ni ennemis de la République ni des adeptes du folklore", renchérit Armand Jung, originaire d'Alsace, où l'on compte 600.000 locuteurs en alsacien pour 1,8 million d'habitants. Mais "notre pays a une langue officielle qui ne laisse aucune place aux langues locales", même si "la dernière révision (de la Constitution en 2008) nous avait donné un petit espoir".

    La question de l'enseignement
    A droite aussi, de nombreux élus de la majorité, fiers de représenter leurs cultures régionales, se sont déclarés en faveur de la ratification comme le vice-président UMP du conseil régional d'Alsace Justin Vogel qui en attend "des moyens financiers pour relancer et soutenir" les langues régionales notamment dans l'enseignement.

    La promotion et l'enseignement des langues régionales continue "de dépendre souvent de l'arbitraire des autorités publiques", déplore en effet le président du Conseil scientifique de l'Institut du droit local alsacien-mosellan Jean-Marie Woehrling.

    Sarkozy : un pas en avant, mais pas de ratification de la charte
    La France a signé en 1999 la Charte du Conseil de l'Europe (1992), mais ne l'a jamais ratifiée. La réforme constitutionnelle adoptée en juillet 2008, à l'instigation de Nicolas Sarkozy, a fait entrer dans l'article 75 de la Constitution l'appartenance des langues régionales "au patrimoine de la France", jugée comme une étape significative vers la ratification de la charte par les défenseurs des langues régionales. Mais le président de la République a douché les espoirs de ceux qui espéraient ensuite une ratification. "Quand on aime la France, on ne propose pas de ratifier la charte des langues régionales et minoritaires" a déclaré, en février à Marseille, Nicolas Sarkozy en réponse à son rival François Hollande favorable à la ratification.

    Les adversaires de la charte craignent qu'elle aboutisse à créer des droits à s'exprimer dans une langue régionale, notamment dans la sphère publique.


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